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Suzanne Vega / Yves Simon
Suzanne Vega / Yves Simon
Tournant autour de New York, la ville où Suzanne Vega a grandi et vit toujours aujourd’hui, les onze chansons de Beauty & Crime mettent en exergue sa poésie toute personnelle et son habileté à écriture des chansons folk pop illuminées d’arrangements orchestraux riches. Du titre d’ouverture, Zephir & I, qui relate une conversation avec le graffeur séminal alors qu’ils flânaient sur West End Avenue, aux fantômes des maisons hantées du Lower East Side évoquées dans Ludlow Street, en passant par New York is A Woman, qui dépeint la ville comme une femme malchanceuse dont la beauté brille encore, Suzanne Vega parvient à saisir New York à travers les époques. L’album propose également ses deux compositions les plus personnelles à ce jour : une chanson d’amour adressée à son mari, Bound, et une autre dédiée à sa fille, As You Are Now. L’enregistrement s’est déroulé à New York et à Londres. L’album a été produit par l’anglais Jimmy Hogarth qui a travaillé entre autres sur les albums de Corinne Bailey Rae, Sia, KT Tunstall, James Blunt, James Morrisson. Le mix a été confié à son collaborateur de longue date, Tchad Blake (qui a aussi mixé les albums de Crowed House, Peter Gabriel, Pearl Jam et Sheryl Crow). Suzanne a bénéficié de la présence d’une équipe de musiciens éclectiques réunissant l’orchestrateur Will Malone (Dido, Seal, Corinne Bailey Rae), la choriste arrangeur vocal KT Tunstall, les guitaristes Gerry Leonard (David Bowie) et Lee Ranaldo (Sonic Youth), ainsi que le bassiste Mike Visceglia et le batteur Doug Yowell, membres du groupe qui accompagne Suzanne Vega en tournée. Dès la parution de son premier album sur A&M en 1985, Suzanne Vega a montré le chemin à toute la génération de singer songwriters féminines des années 90. Solitude Standing, son album de 1997 a contribué à faire d’elle une star internationale, grâce au tube surprise Luka, puis lorsque le duo electro dance DNA a publié une version remixée de la chanson a cappella Tom’s Diner. Days Of Open Hand (1990), 99. 9° (1992), Nine Objects Of Desire (1996) et Songs In Red And Gray (2001) comptent parmi les albums les plus marquants qu’elle a publiés ensuite. Suzanne Vega est aussi une pionnière dans le domaine de la musique digitale et du monde virtuel. Inconsciemment, elle a joué un rôle dans l’avènement du mp3 puisque Karlheinz Brandenburg, concepteur principal du format, a utilisé Tom’s Diner durant son élaboration. En 2006, Suzanne Vega a également été la première artiste majeure à donner un concert sous forme d’avatar, dans le monde virtuel en ligne Second Life. YVES SIMON
Son douzième roman Je voudrais tant revenir est sorti en janvier 2007, son douzième album Rumeurs paraît en octobre de la même année. Il attendait depuis longtemps cette parité parfaite entre roman et chanson. Yves Simon occupe en effet une position unique - et inédite - dans le paysage culturel français. Personne jusqu’à présent n’a su mener comme lui, en parallèle, une double carrière de chanteur et d’écrivain avec un égal retentissement dans les deux domaines, auprès du public comme de la critique. Après avoir publié deux premiers romans en 1971, c’est dans la chanson, qu’il obtient en premier la reconnaissance du grand public dès 1973. Ce fils de cheminot à la gueule d’ange, fut un pionnier, imposant sa modernité, sa singularité, son étrangeté, dans des morceaux iconiques aux sonorités incroyables et au phrasé autre, chroniquant l’intimité du quotidien comme son aventure générationnelle, caviardant ses textes de repères, lieux et phares comme personne avant lui : Au pays des merveilles de Juliette, J’ai rêvé New York, Amazoniaque, Zelda (en hommage à Zelda Fitzgerald). Dans le même temps, il accouchait d’airs délicats, touchés par la grâce et chantés d’une voix tendre et touchante, si proche, dans un style inimitable et instantanément identifiable : Les Gauloises bleues, Diabolo menthe, Deux ou trois choses pour elle. Toutes font également partie de la mémoire collective d’une époque dont les battements de cœur refusent de s’apaiser. Deux générations s’en souviendront, d’Alain Souchon à Vincent Delerm, Raphaël ou Benjamin Biolay. Par ailleurs, il devenait rapidement la seule vedette de la scène et des hit parades à obtenir une crédibilité et une consécration d’écrivain, avec le succès d’Océans, puis avec Le Voyageur magnifique (Prix des Libraires 1988) et La Dérive des sentiments (Prix Médicis 1991) traduit en dix-huit langues et vendu en France à 600 000 exemplaires. Eclectisme qui fut salué par Michel Foucault : « Il est un de ceux dont l’œuvre aujourd’hui m’intéresse énormément, et sous toutes ses formes », Gilles Deleuze comme par Simone Signoret, Yves Montand et Serge Gainsbourg, sans parler de François Mitterrand. Après les tubes, les best-sellers. Après la gloire, le respect. Partout : le talent et l’inspiration. C’est que cette voix essentielle de la chanson rock française, de J’ai rêvé New York au Joueur d’accordéon en passant par Les héros de Barbès et les récents Embruns de la jeunesse, n’est pas simplement celle d’un auteur qui se serait contenté de poser ses mots sur une ligne mélodique. Yves Simon, soliste adolescent des Korrigans nancéiens, est un véritable musicien émérite, guitariste, pianiste et compositeur d’une dizaine de musiques de films. Aujourd’hui, le voici « sérieusement » de retour à la chanson. Face au public d’abord comme ce dernier été aux Francofolies de La Rochelle et de Spa (après trente ans d’absence scénique) ; en studio d’enregistrement ensuite, avec ces Rumeurs qui auscultent, comme le firent celles de Fleetwood Mac, les espaces et les liens entre les amants, les hommes et leur destin. Du Yves Simon magnétique, classique et pourtant renouvelé, superbement mis en valeur par Jean-Louis Piérot (réalisateur pour Bashung, Miossec, Daho...), dont les arrangements discrets sertissent des mélodies habitées, comme s’il devinait l’importance de l’occasion. Rumeurs, captées sur un manche de guitare ou un clavier, évoquent la fragilité des sentiments, des serments, comme celle de l’espoir, au fil du temps et de l’Histoire, toujours suscitées par ces filles qui obsèdent pareil séducteur. Elles sont prénommées Patrice, Irène et même Marguerite en hommage à Yourcenar, ou envisagées comme genre tout entier : La métisse, Les filles ont des sentiments. Deux d’entre elles apparaissent dans ce nouvel album à ses côtés, lui qui n’a jamais cherché à profiter de ses amitiés pour enrichir ses tracklists : Françoise Hardy, pour un rare duo Aux fenêtres de ma vie et l’actrice madrilène Angela Molina, dans un récitatif à l’écho castillan pour le titre La Rumeur, splendidement souligné d’irrésistibles chagrins de bandonéon : les nouveaux classiques de ce voyageur, arpenteur du monde et des passions. Simultanément avec la sortie de Rumeurs, il publie un Dictionnaire intime : Epreuve d’artiste chez Calmann-Lévy. Auteur, compositeur, écrivain, poète, journaliste (Actuel, Libération...), animateur et producteur de radio (France Inter, Europe1, France Culture), cet ancien élève de l’IDHEC ne se contente pas de faire entendre « sa petite musique » dans des registres sans cesse différents. Partout, il a su imposer son style, personnel, ému et émouvant, et après son physique dans un art corporel, sa métaphysique, dans celui de l’esprit. C’est à l’écoute de ses treize nouvelles chansons que sa sensibilité nous atteint au plus profond et nous rappelle sa contribution indélébile à la mémoire de sa génération. Yves Bigot Durée : 2 concerts de 75 mn
Les Concerts de Septembre
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